Priorités

Une Europe du progrès social

La réalisation de la dimension sociale de l'Europe reste pour nous une priorité. Nous allons nous investir en vue d'une diminution des risques réels de précarisation auxquels font face les jeunes et les personnes âgées. La pauvreté est une notion insupportable en Europe au 21e siècle. Il faut des revenus minimaux décents à travers toute l'Union européenne.

Le marché intérieur européen doit être une réalité complète pour les personnes vivant au Luxembourg. Ceci implique l'abolition des concessions qui nous lient à d'autres Etats et qui s'appliquent aux produits importés. La gratuité du roaming doit être assurée pour toute communication à partir de ou vers le Luxembourg, y compris pour les communications de données. Le blocage géographique et les restrictions géographiques en matière de commande et de fourniture de produits et de services doivent être abolis. Il convient de soutenir la mobilité professionnelle avec la mêm vigueur que celle des écoliers, étudiants, enseignants et professeurs, chercheurs et artistes. Les initiatives comme la carte interrail gratuite pour les jeunes favorisent la découverte de notre continent.

La mobilité électrique constitue une avancée, mais non une solution définitive. La transformation de l'économie vers l'hydrogène pourrait nous mener vers des réductions d'émissions de CO2 plus rapidement et de manière plus incisive. En association avec avec l'éolien et le solaire, notre continent pourrait réussir la transition intégrale vers les énergies renouvelables. Cette énergie devrait bien entendu trouver son chemin vers les consommateurs à travers toute l'Union, ce qui présuppose des investissements massifs dans les réseaux de distribution. La modernisation de ces réseaux et la connectivité avec les régions voisines sont urgentes.

L'Europe peut et doit devenir un centre mondial de compétences et d'excellence dans la recherche sur le cancer et la lutte contre cette maladie, et, plus généralement, dans la recherche médicale. Les Européens doivent devenir les pionniers de l'encadrement éthique du développement d'intelligences artificielles. Les investissements requis à cet effet sont àmobiliser dès la période de planification budgétaire 2021-2027.

Nous souhaitons bénéficier au maximum des opportunités offertes par la Grande Région et la coopération transfrontalière. Les communes sont souvent des acteurs importants dans cette coopération et les citoyens des deux côtés de la frontière vivent l'Europe dans le cadre d'initiatives et d'activités communes. L'engagement dans la société civile doit recevoir une reconnaissance renforcée. Cela implique que la politique intègre, dans la mesure du possible, les idées, soucis et demandes de la société civile et reconnaisse davantage l'engagement souvent bénévole de millions d'Européens.

Nous souhaitons enrichir de contenus véritablement européens le nouveau jour férié du 9 mai. Il doit devenir une fête populaire de l'unité dans la diversité et contribuer au renforcement de l'dentité européenne. La communication de la réussite de l'intégration européenne devrait être transmise à tous les jeunes Européens par le biais d'un nouveau cours scolaire.

Une Europe sûre et juste

La sécurité est un besoin fondamental de l'humanité. L'Europe doit protéger les Européens et en assurer la sécurité. Aux populistes qui prônent la sécurité aux dépens de la liberté, nous opposons une fin de non-recevoir: il ne saurait y avoir de sécurité sans liberté, tout comme la liberté sans sécurité serait vide de sens. Le nouveau parquet européen doit être opérationnalisé au plus vite, et cette institution investie de compétences en matière de lutte anti-terroriste. Il y a un besoin urgent de renforcement de la communication et de la coopération entre autorités policières et judiciaires nationales : des personnes ayant commis des crimes dans un Etat membre ne doivent plus être en mesure de continuer d’en commettre en d’autres Etats européens.

Une personne qui migre vers Europe en provenance d’une réalité culturelle différente doit être intégrée en Europe, et s’y intégrer. L’Europe se réclame des droits humains et de la dignité humaine. Dès lors, les personnes qui nous rejoignent en Europe doivent accepter notre mode de vie, nos valeurs, nos principes et nos normes - c’est une question de volonté. Ceux qui ne veulent pas assimiler notre ordre constitutionnel et légal, qui n’acceptent pas l’égalité entre les hommes et les femmes, ne peuvent pas rester chez nous.

L’UE doit se doter rapidement d’un mécanisme efficace de sauvegarde de l’Etat de droit, assorti de possibles sanctions. Des autorités qui remplacent la règle de droit générale et légitime par l’arbitraire d’Etat, qui violent l’indépendance de la justice et mettent en danger le fonctionnement des institutions démocratiques doivent pouvoir être sanctionnés. Nous supportons de manière résolue le conditionnement du versement des fonds structurels par le respect de l’Etat de droit.

L’économie digitale offre des chances énormes et fera éclore de nombreux nouveaux emplois. En même temps, des emplois de nature plus classique peuvent se voir menacés. Voilà pourquoi une taxation adéquate des grands de l’internet par l’Union européenne est une question de justice. Le produit de cette taxation doit être versé au budget européen et contribuer, par exemple, à une alimentation plus conséquente du Fonds d’ajustement à la globalisation. Ce fonds aide des entreprises et leurs collaborateurs dont le fonctionnement a été mis à mal par la globalisation. Il permet aux personnes concernées de se réorienter dans leur vie professionnelle et finance leur formation.

Nous voulons une agriculture en Europe qui est en phase avec son temps, et qui garantit la qualité et la sécurité de notre alimentation. Les agriculteurs et les vignerons assument un rôle essentiel dans la préservation de la biodiversité et dans la protection du climat et de l’eau. Leurs prestations en faveur de nous tous doit être rémunérée par des fonds publics. Une attention particulière est à apporter au soutien aux jeunes agriculteurs. L’Europe a besoin de tarifs plus élevés à l’importation d’aliments qui sont également produits en Europe, mais qui peuvent défier la concurrence européenne en raison de coûts salariaux moins élevés et de normes de production moins contraignantes. Cette concurrence déloyale sur le marché alimentaire doit être endiguée. Nous continuons d’être attachés au principe de précaution en matière de production alimentaire.

Une Europe forte dans le monde

L’UE a besoin d’un budget qui correspond à ses véritables besoins. Dès lors, le budget européen - qui ne correspond qu’à un point de pourcent du PIB - doit être graduellement augmenté. Des ressources propres sous forme d’impôts européens sont nécessaires à cette fin, ainsi que le prévoit le Traité. Ces impôts peuvent être levés, à titre d’exemples, sur les transactions digitales et des produits à haute intensité de CO2. Au moment du mouvement global pour la préservation du climat, il est fort envisageable d’introduire des taxes européennes sur les vols et le trafic maritime.

Nous voulons plus de politique étrangère européenne. Celle-ci inclut logiquement une politique de défense européenne. Nous sommes avant tout nous-mêmes responsables de notre sécurité. L’Europe doit devenir capable de se défendre même sans le soutien des autres partenaires de l’OTAN. Voilà pourquoi nous supportons la création progressive d’une identité de défense européenne, basée sur des structures et des politiques communes. Le but d’une telle démarche n’est pas la création d’une armée européenne, mais bien celle d’unités européennes opérationnelles.

Notre conception du droit de la concurrence a besoin d’une refonte, de façon à être focalisée sur les réalités du marché planétaire de notre temps. Il ne fait aucun sens d’empêcher la fusion de deux ou plusieurs poids lourds européens dans un secteur économique donné s’il en résulte la non-existence d’un « champion européen » qui aurait pu acquérir une position gagnante dans la concurrence globale. La concurrence ne se joue plus tellement entre entreprises européennes, mais bien entre celles-ci et leurs compétiteurs d’autres continents. Il faut que nous affrontions cette concurrence ensemble.

L’Europe doit protéger ses citoyens des effets négatifs de la globalisation. Ceci passe notamment par une application rigoureuse du principe de réciprocité : aucun pays ne doit obtenir un accès au marché européen plus importante que celui qui est réservé à l’Union européenne dans le pays en cause. Il n’est pas concevable pour nous que des entreprises chinoises construisent des infrastructures en Europe qui sont même financées par des fonds européens, alors qu’aucune entreprise ne pourrait décrocher des marchés comparables en Chine.

Notre continent africain voisin continue de se développer rapidement, y compris sur le plan démographique. Le développement économique y est souvent nettement en retrait par rapport à l’expansion des populations. Les États africains ont un besoin urgent de support dans la création de structures étatiques et économiques destinées à déployer une activité normative. La formalisation de l’économie et de ses transactions est une nécessité primordiale en Afrique. Ainsi pourra naître un État de droit africain aux structures administratives efficaces, qui inspirera confiance à ses citoyens et leur offrira des perspectives. Et c’est ainsi que pourra être endiguée l’expansion démographique déraisonnable. Na normalité de l’État entraîne la normalité démographique. L’Europe doit y fournir sa contribution.

Télécharger le fichier PDF